Il est 18 h et l’embarquement commence. Les gens se mettent en file et me bousculent. Huit heures de vol m'attendent. J’ai juste hâte de m’endormir.
Je ne peux pas m’endormir. Ça rit trop fort à ma droite, où deux Français s’étouffent de rire. Des meilleurs amis, j’en déduis.
C’est la cinquième fois que l'hôtesse de l’air leur offre quelque chose à boire.
C’est la cinquième fois qu’ils se regardent en ricanant et demandent du vin.
On atterrit dans une heure, ils sont saouls. Je feins de dormir, mais reste attentive a leur dialogue.
Ils m’ont l’air heureux, parlant des rêves accomplis, d'espoir et d'amour. Ils s’enlacent et se répètent à quel point ils sont fiers l’un de l'autre. J'ai envie de rire. J'ai envie de rouler les yeux. J'ai envie de les juger pour leur maladresse. Je l'aurais fait si je n'aurais pas été si jalouse.
Je ne me rejouis pas suffisament pour les autres pour reussir a laisser une partie de leur bonheur me toucher aussi.
Peut-être que de partir à plus de six mille kilomètres de chez moi et avoir deux Français bourrés a ma droite était ce dont j’avais besoin pour le comprendre.
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